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Océan Indien8 août 2026·10 min de lecture

La Réunion vs l'île Maurice : le match en 5 points (activités, hôtels, cuisine, déplacements, billets d'avion)

Vue aérienne du lagon turquoise et de la montagne du Morne Brabant, à l'île Maurice

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C'est la question qu'on me pose à chaque fois que je poste une story depuis l'océan Indien : « Réunion ou Maurice ? ». Les deux îles sont à quarante minutes de vol l'une de l'autre, on les met souvent dans la même phrase, et pourtant ce sont deux voyages qui n'ont rien à voir. L'une est une montagne posée dans l'océan, avec un volcan actif et des cirques qu'on ne rejoint qu'à pied ; l'autre est un lagon presque continu, avec certains des plus beaux hôtels que j'aie vus. Je suis allé plusieurs fois sur chacune, j'ai fait le trajet entre les deux, et voici le match en cinq points, avec un gagnant à chaque fois.

La Réunion se gagne à pied, Maurice se savoure allongé : ce ne sont pas deux versions du même voyage, ce sont deux voyages différents, à 40 minutes de vol l'un de l'autre.

1. Les activités : point pour La Réunion

Sur ce critère, il n'y a pas photo. La Réunion est une île qui se mérite, et c'est ce qui la rend unique : le Piton des Neiges, point culminant de l'océan Indien à 3 070 mètres, se grimpe de nuit pour arriver au sommet au lever du soleil, au-dessus des nuages ; le Piton de la Fournaise, l'un des volcans les plus actifs du monde, se rejoint par une randonnée de cinq heures à travers un paysage lunaire, et j'ai eu la chance d'être sur l'île pendant une éruption dont la lave est descendue jusqu'à l'océan, un souvenir que je garde parmi les plus forts de tous mes voyages. Et il y a les trois cirques, Cilaos, Salazie et Mafate, ce dernier n'étant accessible qu'à pied ou en hélicoptère, sans une seule route. Entre deux randonnées, on fait du canyoning, du parapente au-dessus de Saint-Leu, on observe les baleines de juin à octobre, et on se pose sur le lagon de l'Ermitage. C'est du sport, oui, mais c'est aussi la seule île où l'on peut être à 3 000 mètres le matin et sur une plage l'après-midi.

L'île Maurice n'est pas dépourvue d'activités, loin de là, mais elles sont d'une autre nature : catamaran vers l'île aux Bénitiers avec les dauphins au petit matin, kitesurf au Morne, l'un des meilleurs spots du monde, snorkeling dans le lagon, plongée, golf. Côté marche, il y a deux belles randonnées, la montée du Morne Brabant, classé à l'UNESCO, et les gorges de la Rivière Noire, mais on en fait le tour en deux jours. À Maurice, on vient d'abord pour la mer et pour se reposer. À La Réunion, on vient pour en prendre plein les jambes.

Réserver la randonnée guidée du Piton de la Fournaise→Réserver le survol en hélicoptère des trois cirques de La Réunion→

La Réunion : mon carnet des cirques et du volcan →

Vue sur une vallée et les remparts montagneux de La Réunion depuis le belvédère de Bois Court
La Réunion, depuis le belvédère de Bois Court : une île de remparts et de cirques, où presque tout se gagne à pied.

2. Les hôtels : point pour l'île Maurice

Là, c'est Maurice qui écrase le match, et je pèse mes mots. L'île s'est construite autour de l'hôtellerie de luxe depuis les années 1970, et le résultat, c'est une densité de très beaux resorts qu'on ne trouve presque nulle part ailleurs à ce prix : villas sur pilotis, plages privées ratissées chaque matin, spas, cuisine de haut niveau. Mon endroit préféré, sans hésiter, c'est la péninsule du Morne, tout au sud-ouest, au pied de la montagne du même nom : l'eau y est d'un turquoise que je n'ai jamais vu ailleurs dans l'océan Indien, la plage est immense, et les hôtels y sont exceptionnels, du LUX* Le Morne au Paradis et au Dinarobin de Beachcomber en passant par le JW Marriott, avec des tarifs qui démarrent autour de 350 à 450 € la nuit en demi-pension. Ce qui rend Maurice unique pour la baignade, c'est sa barrière de corail, qui entoure presque toute l'île : le lagon est calme, peu profond, sans courant, et surtout sans le problème des requins qui empoisonne La Réunion, où la baignade est interdite hors des zones surveillées et du lagon depuis la crise de 2011. À Maurice, on se baigne partout, à toute heure, et ça change tout pour des vacances en famille.

La Réunion a de bonnes adresses, notamment autour de Saint-Gilles et sur la côte ouest, et le rapport qualité-prix des chambres d'hôtes dans les Hauts est imbattable, mais elle n'a tout simplement pas cette offre de resorts cinq étoiles les pieds dans l'eau. Ce n'est pas sa vocation.

Voir les hôtels de la péninsule du Morne, île Maurice→Réserver la sortie en catamaran vers l'île aux Bénitiers avec les dauphins→
Cocotiers dorés au bord du lagon, sur la plage du Morne à l'île Maurice
Le Morne, à l'île Maurice : le lagon le plus turquoise de l'océan Indien, protégé par la barrière de corail.

3. La cuisine : point pour La Réunion

Je vais faire des mécontents, mais c'est mon avis et je l'assume : je préfère manger à La Réunion. Les deux cuisines sont métissées, avec les mêmes racines africaines, indiennes, chinoises et françaises, mais elles ne racontent pas la même histoire dans l'assiette. À La Réunion, c'est la cuisine créole dans ce qu'elle a de plus généreux : le cari (poulet, canard, ti-jacques, cabri massalé), le rougail saucisses, le boucané, les samoussas et les bouchons dans les snacks du bord de route, et les « barquettes » à emporter qu'on mange sur la plage pour moins de 10 €. C'est mijoté, c'est épicé sans être brûlant, et surtout c'est partout, dans les Hauts comme sur la côte.

À Maurice, l'influence indienne est plus marquée, et c'est logique quand on sait que près des deux tiers de la population est d'origine indienne : le dholl puri, cette galette de pois cassés fourrée qu'on achète à 30 roupies dans la rue, le briani, les caris, les gâteaux piments. C'est très bon, il y a aussi une vraie cuisine chinoise (le mine frit, le bol renversé) et des rougailles créoles, mais j'ai trouvé l'ensemble plus inégal, avec un vrai fossé entre la street food excellente et les restaurants d'hôtels souvent internationaux et sans âme. Si vous restez dans votre resort, vous mangerez bien mais vous ne mangerez pas mauricien. À La Réunion, même le camion-bar du Maïdo vous sert un cari.

4. Se déplacer : match nul

Sur ce point, je ne peux pas départager les deux, parce qu'elles ont exactement le même défaut : ce sont des îles où l'on perd un temps fou sur la route. À Maurice, l'aéroport est au sud-est et les plus beaux hôtels au nord ou au sud-ouest : comptez au moins une heure et demie à deux heures de taxi pour rejoindre Le Morne, souvent plus aux heures de pointe autour de Port-Louis, pour une île qui ne fait que 65 km de long. À La Réunion, c'est encore autre chose : il n'y a qu'une vraie route, celle qui fait le tour de l'île, et une route des Tamarins qui coupe par les hauteurs de l'ouest ; dès qu'on veut monter dans les cirques ou au volcan, on enchaîne les lacets. Cilaos, c'est la route aux 400 virages, et ce n'est pas une image. Dans les deux cas, la voiture de location est indispensable (les bus existent mais sont lents), et dans les deux cas, il faut accepter que 50 km puissent prendre une heure et demie.

5. Les billets d'avion : point pour La Réunion

C'est le critère le plus concret, et le plus net en faveur de La Réunion. Comme c'est un département français, la concurrence est féroce sur la ligne : Air France, Corsair, Air Austral et French Bee volent toutes en direct depuis Paris, et depuis cette année Corsair relie aussi Toulouse à Saint-Denis sans escale. Résultat, on trouve des allers-retours à partir de 400 à 600 € en basse saison chez French Bee, et rarement au-dessus de 1 100 à 1 400 € même en plein été ou à Noël, pour onze heures de vol. Pour Maurice, il n'y a que trois compagnies en direct (Air France, Air Mauritius et Corsair), et les prix s'en ressentent : comptez 550 € au grand minimum en janvier ou en mai, plus souvent 800 à 1 100 €, et jusqu'à 1 500 € en haute saison. Sur un séjour de deux personnes, la différence paie facilement trois ou quatre nuits d'hôtel. L'astuce que j'utilise : quand je veux faire les deux, je vole vers La Réunion à petit prix, puis je prends un vol régional Air Austral ou Air Mauritius de 45 minutes pour rejoindre Maurice.

Mon test de la business Corsair sur la ligne Réunion–Maurice →

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Le verdict : La Réunion 3, Maurice 1, et un match nul

La Réunion gagne sur le score, mais là encore, il faut lire entre les lignes. Si vous voulez marcher, grimper, voir un volcan et rentrer avec des courbatures et des souvenirs de paysages que vous n'avez vus nulle part ailleurs, c'est La Réunion, et c'est en plus la moins chère des deux. Si vous voulez un lagon turquoise, un hôtel d'exception, vous baigner sans vous poser de question et ne rien faire pendant une semaine, c'est Maurice, sans discussion, et Le Morne en particulier. Le meilleur voyage que je puisse vous conseiller dans l'océan Indien reste de combiner les deux : dix jours de randonnée à La Réunion, puis quatre ou cinq jours de repos à Maurice pour finir. On arrive fatigué, on repart reposé.

Connexion sur les deux îles : un seul réflexe

À La Réunion, votre forfait français fonctionne en général comme en métropole (vérifiez tout de même l'inclusion des DOM chez votre opérateur). À Maurice, en revanche, vous êtes à l'étranger et l'itinérance peut coûter très cher. J'installe mon eSIM Airalo pour Maurice avant le décollage : configuration en cinq minutes, réseau à l'atterrissage, et -15 % avec le code MONSIEUR15.

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FAQ : La Réunion ou l'île Maurice

Peut-on combiner La Réunion et l'île Maurice dans un même voyage ?

Oui, facilement : 45 minutes de vol entre les deux (Air Austral, Air Mauritius, 150 à 250 € aller-retour), et beaucoup de voyageurs font une semaine de randonnée à La Réunion puis une semaine de lagon à Maurice. Comptez deux semaines minimum.

Faut-il un passeport pour l'île Maurice ?

Oui, valide pendant tout le séjour (six mois recommandés), sans visa pour les Français jusqu'à 90 jours, avec un billet retour et une adresse d'hébergement ; le formulaire All-in-One est à remplir en ligne avant l'arrivée. La Réunion, département français, se visite avec une simple carte d'identité.

Quelle est la meilleure période pour ces deux îles ?

De mai à novembre, l'hiver austral, sec et doux sur les deux (22 à 28 °C) ; l'été (décembre-avril) est chaud, humide et exposé aux cyclones, avec des tarifs plus bas. Pour randonner à La Réunion, septembre-octobre est idéal ; pour le lagon mauricien, mai-juin et octobre.

Quel budget pour une semaine à Maurice et une à La Réunion ?

Comptez 900 à 1 500 € par personne hors vol pour une semaine à La Réunion en gîtes, voiture et restaurants créoles, et 1 200 à 2 500 € pour une semaine à Maurice en hôtel de plage en demi-pension. Les vols depuis la France coûtent 700 à 1 100 € aller-retour pour chacune.

Bon à savoir

Le combo idéal : volez vers La Réunion (billets bien moins chers), randonnez dix jours, puis prenez un vol régional de 45 minutes vers Maurice pour finir par quelques nuits de lagon au Morne. Vous profitez du meilleur des deux au prix d'un seul long-courrier.

Informations pratiques (prix, visas, horaires) vérifiées en septembre 2026 — elles peuvent évoluer, pensez à les recontrôler sur les sites officiels avant de réserver.

Portrait de Lucas, alias Monsieur Voyage

Je m'appelle Lucas. Créateur de contenu voyage depuis 4 ans, plus de 45 pays au compteur et plus de 15 compagnies testées en classe affaires. Je raconte ici ce que j'ai vu moi-même, et je vérifie le reste. En savoir plus · Instagram · TikTok