Test de la business class Gulf Air Paris–Bahreïn–Shanghai : sièges, mezzés à bord, stopover à Bahreïn, et les vrais prix
Cet article contient des liens affiliés (réservations d'activités, d'hébergements ou d'eSIM) : le prix est le même pour vous, et cela m'aide à faire vivre le site.
Quand on parle des compagnies du Golfe, tout le monde a les mêmes noms en tête : Emirates, Qatar Airways, Etihad. Et puis il y a Gulf Air, la compagnie nationale de Bahreïn, la plus ancienne des quatre (elle vole depuis 1950), la plus petite aussi, et celle dont on ne parle jamais. J'avais envie de savoir ce qu'elle valait vraiment, et j'ai eu la chance de la tester en business, sa « Falcon Gold », sur un vrai long trajet : Paris–Bahreïn, puis Bahreïn–Shanghai, avec un arrêt de quelques jours à Bahreïn entre les deux.
Gulf Air, c'est la business du Golfe dont personne ne parle : un vrai lit, des mezzés à 11 000 mètres, et un billet deux fois moins cher que chez ses voisines.
Je vais être honnête : je ne m'attendais pas à grand-chose, et je suis reparti avec une très bonne surprise. Pas une business qui écrase Qatar ou Cathay, mais un produit sérieux, avec de vrais lits, une cuisine arabe qu'on ne trouve nulle part ailleurs à bord, un équipage chaleureux, et surtout des prix qui n'ont rien à voir avec ceux des grandes compagnies. Et un bonus que personne ne vous vend : Bahreïn, un pays minuscule, méconnu, et qui mérite largement deux jours d'arrêt. Voici mon test complet, avec le détail des deux avions, du salon, des repas, du stopover, et les tarifs réels.
Le voyage en bref
- L'itinéraire : Paris-Charles de Gaulle – Bahreïn (environ 6 heures), puis Bahreïn – Shanghai Pudong (8 h 30 à 9 h 30). Gulf Air vole tous les jours entre Paris et Bahreïn, et trois à quatre fois par semaine entre Bahreïn et Shanghai, avec une correspondance le soir même possible ou, comme moi, un arrêt de quelques jours.
- Les avions : un Airbus A321neo LR sur Paris–Bahreïn, avec une petite cabine business de 16 lits plats en 2-2, et un Boeing 787-9 Dreamliner sur Bahreïn–Shanghai, avec 26 « Apex Suites », ces petites cabines individuelles en 2-2-2 qui font la réputation de la compagnie.
- Ce que j'ai aimé : les mezzés et la cuisine arabe à bord, l'équipage, la suite du 787, le café arabe et les dattes à l'embarquement, les prix, et Bahreïn.
- Ce que j'ai moins aimé : le 2-2 de l'A321neo, où le passager côté hublot doit enjamber son voisin, et un divertissement à bord correct, sans plus.
Paris–Bahreïn en A321neo : une business de moyen-courrier, mais avec un vrai lit
Premier vol, première surprise : l'avion est un monocouloir, un A321neo dans sa version longue portée. Sur six heures de vol, on aurait pu craindre un siège de court-courrier, mais non : Gulf Air a installé 16 vrais sièges business en 2-2, qui s'allongent complètement en lit d'un peu moins de deux mètres. Le confort est là, la cabine est calme et intime avec quatre rangs seulement, et le service est le même que sur les gros-porteurs. Le défaut est évident : en 2-2, si vous êtes côté hublot, vous enjambez votre voisin pour sortir, et si vous êtes côté couloir, on vous enjambe. En couple c'est parfait, seul c'est moins bien, et je vous conseille les sièges côté couloir dans ce cas.


L'accueil donne le ton dès l'embarquement : café arabe versé à la dallah, dattes, serviette chaude, puis une coupe de champagne une fois en l'air. Le vol de jour se passe autour du repas, servi à l'heure qu'on veut (Gulf Air le dit et le fait : on commande quand on a faim, pas quand le chariot passe), puis d'une sieste ou d'un film sur l'écran individuel, correct sans être le point fort de la compagnie.
Bahreïn–Shanghai en 787 : la petite box qui change tout
Deuxième vol, deuxième produit, et là on passe dans une autre catégorie. La business du 787-9 de Gulf Air, ce sont 26 Apex Suites disposées en 2-2-2, mais avec une astuce : les sièges sont décalés, et chacun a son accès direct à l'allée. Côté hublot, le siège est carrément à l'écart, avec un petit couloir privé qui le sépare du voisin ; on est dans une sorte de petite box fermée sur trois côtés, avec une cloison coulissante, un grand écran de 21 pouces, une tablette large, des rangements, une prise et deux ports USB. Allongé, le lit fait presque deux mètres, et il est large : c'est l'un des sièges où j'ai le mieux dormi en business, au niveau de ce que j'ai connu chez Cathay.


Le vol part de Bahreïn en début de soirée et arrive à Shanghai le lendemain matin, avec cinq heures de décalage : la logique est de dîner tôt, de dormir six heures, et de se réveiller pour le petit-déjeuner avant l'atterrissage. C'est exactement ce que j'ai fait, et je suis arrivé en forme.
Les repas : enfin des mezzés à 11 000 mètres
C'est le vrai plus de Gulf Air, et la raison pour laquelle je la recommanderais à un ami curieux de nouvelles cuisines. Là où les grandes compagnies servent des menus internationaux interchangeables, Gulf Air joue la carte arabe à fond : une entrée de mezzés (houmous, moutabal, taboulé, feuilles de vigne, fattouche), du pain arabe chaud, puis des plats du Golfe comme le machboos (riz épicé au poulet ou à l'agneau) ou un agneau mijoté, à côté d'options plus classiques (poisson, pâtes, viande). Le dessert va du baklava à l'umm ali, le pudding égyptien au lait et aux amandes. Sur les vols longs, un chef est à bord, en toque, et prépare les plats à la demande ; il passe dans la cabine, et ça change la relation avec le repas.
Le service est à l'assiette, sur nappe, avec une vraie carte des vins et un champagne correct. Côté équipement, la trousse est signée Cerruti, avec chaussettes, masque et bouchons d'oreilles, le casque antibruit est correct, et sur le 787 on vous fait le lit avec un surmatelas, un drap et une couette. Le Wi-Fi, lui, est payant et pas disponible sur tous les avions : prévoyez vos films en téléchargement. Les hôtesses et stewards, c'est l'autre point fort : moins scriptés que chez Emirates, plus chaleureux, avec des équipages très internationaux (Philippines, Inde, Europe de l'Est, Bahreïn) qui prennent le temps de discuter. Sur mes deux vols, j'ai eu l'impression d'être un invité, pas un numéro de siège.


Le salon Falcon Gold à Bahreïn
L'aéroport de Bahreïn est tout neuf (le terminal a ouvert en 2021), petit, clair, et on y passe les contrôles en dix minutes. Le salon Falcon Gold de Gulf Air est à l'image de la compagnie : pas gigantesque, mais complet, avec un restaurant en buffet et des plats préparés à la demande (pâtes, pizzas, viandes), un bar à pâtisseries, des douches, des espaces de repos, un coin enfants, et, détail qui m'a fait sourire, un simulateur de golf. Comptez une à deux heures entre les deux vols si vous ne faites pas d'arrêt, c'est confortable.

Mon top 10 des meilleurs salons d'aéroport du monde →
Le stopover à Bahreïn : oui, c'est possible, et c'est une bonne idée
C'est la question qu'on m'a le plus posée : peut-on s'arrêter à Bahreïn comme on s'arrête à Doha avec Qatar Airways ? Oui, de deux façons. La première est gratuite : si votre correspondance dure entre 7 et 24 heures et que votre billet dépasse un certain montant (environ 450 dollars hors taxes, ce qui est toujours le cas en business), Gulf Air offre une nuit d'hôtel avec petit-déjeuner et transferts, et un tour de ville de trois heures. Il faut en faire la demande auprès de la compagnie au moins 24 heures avant le départ, ou au comptoir de transit à l'arrivée. La seconde est payante mais très bon marché : des packages « Bahrain Stopover » de deux à quatre nuits vendus par Gulf Air Holidays, ouverts aux voyageurs au départ de France, avec un choix d'hôtels de 4 et 5 étoiles à des prix qui n'ont rien à voir avec Dubaï.
Moi, j'ai simplement réservé mes vols avec quelques jours d'écart et pris mon hôtel de mon côté. Ce que j'ai vu de Bahreïn en deux jours : le vieux souk de Manama et la porte de Bab Al Bahrain, le fort de Bahreïn (Qal'at al-Bahrain, classé à l'UNESCO, avec un coucher de soleil sur la mer à ne pas rater), le sentier des perles de Muharraq (classé lui aussi, une balade dans les vieilles maisons des marchands de perles), la grande mosquée Al Fateh, le musée national, et l'Arbre de Vie, ce prosopis vieux de 400 ans qui pousse seul en plein désert. Le tout se fait en voiture, avec un taxi ou une location, l'île fait 50 kilomètres de long. C'est calme, propre, moins clinquant que Dubaï et beaucoup plus authentique que ce que j'imaginais. Et le soir, allez voir le Bahrain World Trade Center : deux tours en forme de voiles reliées par trois éoliennes, la première tour au monde à intégrer des éoliennes dans sa structure, éclairée en violet la nuit.


Côté formalités, les Français ont besoin d'un visa, mais c'est une formalité : un eVisa en ligne sur evisa.gov.bh en quelques jours, ou un visa à l'arrivée à l'aéroport, pour une quinzaine d'euros environ et deux semaines de séjour. Vérifiez les conditions au moment de partir, ça bouge régulièrement.
Où dormir : Bahreïn et Shanghai
À Bahreïn, j'ai dormi au Raffles Al Areen Palace, dans le sud de l'île à Sakhir, à côté du circuit de Formule 1, et je pèse mes mots : ce sont parmi les plus belles chambres que j'aie vues. Ce n'est pas un hôtel classique mais 78 villas en pierre blanche, chacune avec sa cour intérieure, sa piscine privée et son majordome, dans un style arabe très épuré ; l'hôtel a ouvert fin 2023 et il est encore impeccable. La grande piscine bordée de palmiers au coucher du soleil, le spa, et un calme absolu à vingt minutes de Manama. Pour ce niveau de prestation, on est très en dessous de ce que demande Dubaï.


À Shanghai, j'ai pris le Mandarin Oriental Pudong, au bord de la rivière Huangpu à Lujiazui, côté tours, à quelques minutes du Bund : un hôtel vraiment exceptionnel, avec la tour de la Perle de l'Orient dans la fenêtre de la chambre et une skyline le soir qui vaut à elle seule le prix de la nuit. Deux adresses que je recommande sans réserve.
Shanghai sans visa, et la suite du voyage
Bonne nouvelle pour le retour : les Français n'ont plus besoin de visa pour la Chine pour un séjour de moins de 30 jours, une exemption prolongée jusqu'au 31 décembre 2026. Vous descendez de l'avion, vous passez l'immigration avec votre passeport, et c'est tout. Prévoyez juste vos applications avant de partir (Alipay ou WeChat Pay avec une carte bancaire étrangère, un VPN si vous voulez Google, Instagram et WhatsApp), parce qu'à Shanghai, rien ne se paie en espèces et rien ne fonctionne sans le bon téléphone.
5 choses à savoir avant d'aller en Chine →
Les vrais prix de la business Gulf Air en 2026
C'est ici que Gulf Air devient très intéressante, et c'est pour ça que je voulais la tester. Voici ce que j'ai relevé en septembre 2026, en aller-retour au départ de Paris.
- Paris–Shanghai en business avec Gulf Air, via Bahreïn : entre 1 600 et 1 800 € aller-retour sur les comparateurs au moment où j'écris, contre 3 500 à 7 000 € en direct avec Air France, et un prix moyen du marché autour de 6 000 €. Sur les ventes flash de la compagnie, on a vu des Paris–Singapour à 1 745 € et des Rome ou Milan–Singapour sous les 1 600 €.
- Paris–Bangkok, Paris–Singapour ou Paris–Manille en business : 1 700 à 2 500 € aller-retour selon les dates, là où les grandes compagnies du Golfe demandent 2 800 à 4 000 €.
- Le stopover à Bahreïn : gratuit (une nuit d'hôtel offerte) sur une correspondance de 7 à 24 heures, ou en package de deux à quatre nuits chez Gulf Air Holidays. Ajouter des jours d'arrêt sur un billet classique ne coûte généralement rien ou quelques dizaines d'euros de plus.
- Avec des miles : Gulf Air a son programme Falconflyer, mais n'appartient à aucune alliance ; ses partenaires (American Airlines, Etihad, Saudia…) permettent parfois de réserver, mais c'est en payant que le rapport qualité-prix est imbattable.
Mon conseil : c'est la compagnie à surveiller si vous voulez tester la business vers l'Asie sans payer 4 000 €. Activez une alerte de prix sur Paris–Bangkok, Paris–Singapour ou Paris–Shanghai, regardez les ventes flash de janvier et de fin d'été, et si vous pouvez, ajoutez deux jours à Bahreïn : c'est le stopover le moins cher du Golfe, et le plus surprenant.
Le stopover à Doha avec Qatar Airways : comment ça marche →
Mon verdict
Gulf Air n'a pas les moyens d'Emirates ni de Qatar, et ça se voit sur le divertissement à bord et sur l'A321neo en 2-2. Mais sur tout ce qui compte vraiment, elle est au niveau, et parfois au-dessus : le lit du 787 est excellent, la cuisine est la plus intéressante que j'aie mangée en business, l'équipage est chaleureux, et le prix est, de loin, le plus bas du marché pour un vrai lit plat vers l'Asie. Ma note : 8/10, et 9/10 en rapport qualité-prix. Si vous voyagez à deux, ou si vous acceptez l'A321neo sur la première partie, foncez, et arrêtez-vous à Bahreïn.
Mon classement personnel des business class testées, compagnie par compagnie →
Connexion à Bahreïn et en Chine
Deux pays, deux situations. À Bahreïn, l'itinérance avec un forfait français coûte cher (souvent plus de 10 € par jour), et une eSIM Airalo Bahreïn s'active en deux minutes avant l'atterrissage. En Chine, c'est encore plus utile : avec une eSIM étrangère, vos données passent par un opérateur international, et vous accédez à Google, Instagram, WhatsApp et Gmail sans VPN, ce qui n'est pas le cas avec une carte SIM chinoise achetée sur place. C'est ce que je fais à chaque voyage en Chine, et ça évite tous les problèmes. Avec le code MONSIEUR15, vous avez -15 % sur votre forfait.
FAQ : la business class Gulf Air
Combien coûte un billet business Gulf Air depuis Paris ?
Entre 1 600 et 2 500 € aller-retour vers l'Asie (Shanghai, Bangkok, Singapour, Manille) via Bahreïn en 2026, soit environ la moitié du prix d'Emirates, Qatar Airways ou d'un vol direct Air France en business. Les ventes flash tournent autour de 1 700 € au départ de Paris, et descendent sous 1 600 € depuis Rome ou Milan.
Quelle est la configuration de la business class Gulf Air ?
En 2-2 sur l'A321neo (16 lits plats) utilisé sur Paris–Bahreïn, et en 2-2-2 décalé avec accès direct à l'allée pour tous sur le Boeing 787-9 (26 Apex Suites) utilisé vers l'Asie. Sur le 787, les sièges A et K côté hublot sont les plus privés.
Peut-on faire un stopover à Bahreïn avec Gulf Air ?
Oui. Une nuit d'hôtel avec petit-déjeuner et transferts est offerte sur une correspondance de 7 à 24 heures (demande à faire au moins 24 heures avant le départ), et Gulf Air Holidays vend des packages stopover de deux à quatre nuits. Vous pouvez aussi simplement espacer vos deux vols de quelques jours.
Faut-il un visa pour Bahreïn avec un passeport français ?
Oui, mais il s'obtient en ligne (eVisa sur evisa.gov.bh) ou à l'arrivée à l'aéroport, pour environ 15 € et deux semaines de séjour. Pour la Chine, les Français sont exemptés de visa jusqu'à 30 jours, au moins jusqu'au 31 décembre 2026.
Que mange-t-on en business chez Gulf Air ?
Une cuisine arabe et du Golfe : mezzés en entrée, machboos ou agneau mijoté en plat, baklava ou umm ali en dessert, à côté d'options internationales. Café arabe et dattes à l'embarquement, un chef à bord sur les vols longs, et le repas servi à l'heure de votre choix.
Gulf Air fait-elle partie d'une alliance ?
Non, Gulf Air n'est membre ni de oneworld, ni de Star Alliance, ni de SkyTeam. Son programme de fidélité s'appelle Falconflyer, avec des partenariats ponctuels (American Airlines, Etihad, Saudia notamment).
Gulf Air vole-t-elle depuis Lyon ou d'autres villes françaises ?
Non, uniquement depuis Paris-Charles de Gaulle, tous les jours. Depuis Lyon, il faut rejoindre Paris en TGV ou en avion, ou comparer avec Turkish Airlines, Emirates et Qatar Airways qui desservent Lyon en direct.
Bon à savoir
Sur le 787, demandez un siège A ou K : côté hublot, la suite est séparée de l'allée par un petit couloir privé, et c'est de loin la place la plus tranquille de la cabine.
Informations pratiques (prix, visas, horaires) vérifiées en septembre 2026 — elles peuvent évoluer, pensez à les recontrôler sur les sites officiels avant de réserver.
À lire aussi
Test & avisTest de la business class Cathay Pacific Paris–Hong Kong : siège, repas, salons First, et les vrais prix en 2026
Douze heures de vol dans chaque sens, un siège 1-2-1 en A350, deux menus posés sur la tablette avant même le décollage, un burger-frites servi à bord, et une baignoire privée dans un salon d'aéroport. Voici mon test complet de la business class Cathay Pacific entre Paris et Hong Kong, avec ce que ça coûte vraiment.
Lire l'article →
Test & avisTest : la nouvelle classe affaires d'Emirates sur l'A350, de Lyon à Danang
À bord du tout nouvel Airbus A350 d'Emirates entre Lyon et Dubaï, puis d'un second vol inaugural jusqu'à Danang : sièges, repas, équipage et prix.
Lire l'article →